vendredi 13 novembre 2015

Devdas - tragédie réaliste de la littérature indienne


Devdas et Parvati
"Je n'ai aucune idée de ce que Parvati est devenue maintenant à la suite de tant d'années. Je ne cherche pas à le savoir non plus. Mais c'est pour Devdas que j'éprouve un profond chagrin. Après avoir lu l'histoire tragique de sa vie, vous éprouverez sans doute le même sentiment que moi. Néanmoins si jamais vous rencontrez un malheureux, un débauché et un pécheur comme Devdas, alors priez pour son âme. Priez pour que, quoi qu'il advienne, personne ne meure de la même façon pitoyable que Devdas. La mort n'épargne personne. Mais qu'à cette dernière heure, le front du mort reçoive le toucher de doigts affectueux, que la flamme de sa vie s'éteigne sous le regard d'un visage rempli d'affection et de compassion, qu'il voit au moins une larme dans les yeux d'un être humain. Ce serait pour lui un bonheur suffisant au moment de son départ pour l'autre monde." - Devdas - Sarat Chandra Chatterjee. 

La semaine dernière, j'ai parlé de tragédie au sens large. Aujourd'hui, je continue sur cette lancée en introduisant un de mes romans préférés (et son adaptation cinématographique), Devdas de Sarat Chandra Chatterjee, un classique de la littérature indienne, ou plus précisément, de la littérature bengali. En effet, j'aime beaucoup la littérature asiatique en général, et Devdas fait parti de mes favoris. Parfois, je regrette de ne pas pouvoir parler un nombre infini de langues, car je suis sûre que le texte perd beaucoup de sens lorsqu'il est traduit en français. J'ai tout de même l'avantage de m'intéresser à la culture indienne en général et ses dérivés (bangali, gujarati, punjabi. tamil, et bien d'autres) et ce, depuis une dizaine d'années. Le premier film indien que j'ai visionné est l'adaptation cinématographique de Devdas par Sanjay Leela Banshali, et reste à ce jour, mon film indien favori.

Devdas et Chandramukhi 

Devdas et Paro (Parvati) sont voisins et amis d'enfance. Lorsque Devdas revient de Londres, après une dizaine d'années d'études dans le but de devenir avocat, il rentre dans son village et tombe amoureux de Paro. Étant de castes différentes, les parents de Devdas s'opposent à leur union et Parvati est mariée à un riche veuf. Désespéré, Devdas sombre dans l'alcool et la débauche, et rencontre Chandramukhi, une célèbre courtisane. Celle-ci va tenter de l'aider, malgré le fait que Devdas la rejette et la méprise pour sa condition.

Devdas et Parvati
Le contexte historique de Devdas se situe dans l'Inde des années 1900. Le système des castes est très présent à cette époque et les mariages entre castes sont presque impossible. La tragédie de Devdas et Parvati est une réalité de la culture indienne, que l'on retrouve encore aujourd'hui. Devdas m'a fait réfléchir sur les différences culturelles. Pour la première fois, je me plongeais dans un monde, complètement à l'opposé de ma culture et de mes valeurs. Le choc a été positif et m'a donné l'envie de m'intéresser davantage aux coutumes de l'Inde. Depuis, je suis fascinée par le cinéma bollywood et la littérature indienne, ainsi que par son histoire et sa culture.

La version cinématographique de Devdas est un vrai chef d'oeuvre. Les couleurs, les décors, les costumes, les acteurs, tout est magnifique et parfaitement mis en scène. Si vous n'avez pas le courage de lire le livre, je vous conseille fortement de visionner le film, un classique du cinéma bollywood, dont les trois personnages principaux sont joués par trois des plus grands acteurs de Bollywood.

Je termine cet article avec une scène de Devdas, qui représente très bien l'ambiance et le style visuel du réalisateur, ainsi que le style général de Bollywood. Le jeu est exagéré et les émotions se concentrent sur les expressions du visage, ainsi que sur des gestes choréographiés. Ici, Devdas et Parvati sont comparés aux dieux hindous Krishna et son amante Radha. La scène les personnifie en dieux de l'amour et de la passion, leur donnant une aura presque mythologique. Devdas et Parvati sortent tout droit d'un conte de fée, ils représentent une légende indienne aussi puissante que celle de Roméo et Juliette pour les occidentaux.


À la semaine prochaine pour de nouvelles aventures littéraires !


mercredi 4 novembre 2015

Retour au Classique !

"Chaque mot sur mon front fait dresser mes cheveux. 
Mes crimes désormais ont comblé la mesure. 
Je respire à la fois l'inceste et l'imposture. 
Mes homicides mains promptes à me venger, 
Dans le sang innocent brûlent de se plonger." 

Depuis les débuts de ce blog, j'ai voulu me concentrer sur des ouvrages relativement récents, tout en faisant des liens avec des films, d'autres livres et des notions littéraires. Aujourd'hui, on retourne aux racines avec la tragédie classique. 

Que ce soit en littérature ou en cinéma, les grands penseurs et narrateurs se sont souvent basés sur la tragédie classique pour construire leurs histoires. Encore aujourd'hui, on retrouve la fonction cathartique de la tragédie au cinéma, dans le théâtre et en littérature. Et même si à l'époque moderne, la manière classique de raconter les histoires est de plus en plus délaissée, on la retrouve à la base de tous les grands classiques et de leurs adaptations. L'idée même de tragédie a été étudiée, théorisée, utilisée et réutilisée à maintes reprises. Dans sa version d'Antigone, Anouilh lance une réflexion sur la tragédie tout au long de la pièce. 

"C'est propre, la tragédie. C'est reposant, c'est sûr... (...) Dans la tragédie on est tranquille. D'abord, on est entre soi. On est tous innocents en somme ! Ce n'est pas parce qu'il y en a un qui tue et l'autre qui est tué. C'est une question de distribution. Et puis, surtout, c'est reposant, la tragédie, parce qu'on sait qu'il n'y a plus d'espoir, le sale espoir"
- Antigone - Anouilh

Une introduction, un noeud, un dénouement. Les personnages de la tragédie classique sont confrontés à une destinée à laquelle il leur est impossible d'échapper. Dès le début, on sait déjà que les personnages sont condamnés à vivre cette tragédie et qu'ils ne pourront s'en détacher. Leur destinée est divine, rien ne pourra arrêter l'engrenage tragique. Phèdre est une pièce de théâtre qui a été un tournant dans mon éducation littéraire. La plume de Racine est magique et transporte dans un univers extraordinaire. J'ai toujours beaucoup admiré le travail derrière les pièces de théâtre de l'époque classique, que ce soit celles de Molière, Corneille, Racine et autres. Les contraintes qui s'appliquaient à l'époque, comme l'écriture en alexandrins, sont admirables et démontrent la richesse de la langue française. 

Je vous donne la liste de mes pièces de théâtre tragique préférées (toutes époques confondues):
Benedict Cumberbatch as Hamlet (London 2015)

- Phèdre, Racine
- Andromaque, Racine
- Bérénice, Racine 
- Horace, Corneille
- Le Cid, Corneille 
- Hamlet, Shakespeare
- MacBeth, Shakespeare 
- Othello, Shakespeare 
- Roméo et Juliette, Shakespeare 
- Antigone, Anouilh 
- La Machine infernale, Jean Cocteau 
- La tragédie du roi Christophe, Aimé Césaire 

Je vous conseille vivement ces incontournables littéraires si vous êtes intéressés par la tragédie. Je termine cet article avec une citation de Hamlet, ma tragédie shakespearienne favorite. 

"To die, to sleep - 
To sleep, perchance to dream - ay there's the rub,
For in this sleep of death what dreams may come..." 
- Hamlet - William Shakespeare 


Je vous conseille aussi le nouveau film de Guillermo Del Toro, Crimson Peak, qui reprend les règles et le visuel du film d'horreur gothique. Un film parfait pour apprécier la tragédie au cinéma ! 


samedi 31 octobre 2015

"A discovery of witches" - Halloween, sorcières, vampires et ... HISTOIRE !


“Ni muer ni viu ni no guaris,
Ni mal no·m sent e si l’ai gran,
Quar de s’amor no suy devis,
Ni no sai si ja n’aurai ni quan,
Qu’en lieys es tota le mercés
Que·m pot sorzer o decazer.”

“Not dying nor living nor healing,
there is no pain in my sickness,
for I am not kept from her love.
I don’t know if I will ever have it, 
for all the mercy that makes me flourish or decay is in her power.”



Diana Bishop est une sorcière. Sa généalogie est impressionnante, sa famille est connue de toutes les créatures magiques et pourtant, Diana ne veut absolument pas se servir de sa magie ou avoir quoi que ce soit à faire avec des créatures magiques. Historienne et scientifique, Diana étudie des vieux manuscrits d'alchimie pour ses recherches dans la librairie de l'université d'Oxford. Un jour, elle tombe par hasard sur un manuscrit ensorcelé et réussit à lever le sort pour un temps infime. Le lendemain, démons, magiciens, sorcières et vampires se sont rassemblés à la librairie et semblent suivre ses moindres faits et gestes. La magie libérée par Diana est ancienne et sacrée, et toutes les créatures désirent l'obtenir. C'est à ce moment que Diana rencontre Matthew Clairmont, un vampire dangereux et ancien, dont les connections et l'histoire personnelle sont remplies de mystères. Ensemble, ils embarquent dans une quête pour comprendre l'origine et les secrets du manuscrit. Alors que la relation entre Diana et Matthew évolue de manière inattendue, l'ordre et l'équilibre entre les créatures magiques est menacé. 

Quoi de mieux, en cette journée d'Halloween, que de découvrir l'histoire fascinante de Diana Bishop et de Matthew Clairmont ! Ces deux personnages représentent la fascination que j'ai pour les sorcières et certains vampires (pas le type Twilight, mais plus le type Lestat). En effet, Matthew Clairmont n'est pas un vampire qui brille au soleil et qui passe son temps à déprimer. Il est avant tout très intelligent, instruit et surtout, extrêmement vieux ! C'est un livre d'histoire ambulant et ce livre déborde de références historiques fascinantes. Deborah Harkness a dû faire énormément de recherches pour écrire ce livre, car non seulement les références historiques sont impressionnantes, mais les pratiques linguistiques de certains personnages sont aussi extraordinaires. En effet, Matthew est tellement vieux, qu'il parle énormément de langues différentes, notamment des langues mortes, comme l'occitan ou la langue d'oc, le latin mais aussi le grec ! Bien entendu, avec un nom de famille pareil, Matthew est aussi français, ainsi le livre est ponctué de petites références françaises. Je trouve que les langues mortes sont toujours intéressantes et nous aident à comprendre les langues que nous parlons aujourd'hui et les mots que nous utilisons. L'occitan est une langue qui aide à comprendre le français d'aujourd'hui. 

Image qui représente l'amour courtois
J'ai un faible pour la littérature du Moyen-Âge, qui est une littérature encore peu connue. Les théoriciens ont tout juste recommencé à s'intéresser à la littérature de cette époque. Avant considérée comme un âge sombre de l'histoire, les intellectuels ne s'intéressaient pas du tout à cette période et toutes les oeuvres produites durant ce temps ont souvent été rejetées et critiquées injustement. Pourtant, des chefs d'oeuvres ont été produits au Moyen-Âge. Je pense aux Lais de Marie de France ou encore aux nombreux fabliaux qui n'ont pas d'auteurs mais qui décrivent une époque fascinante et mystérieuse. Deborah Harkness fait évoluer ses personnages dans un monde magique, cependant elle utilise l'histoire, ce qui rend le roman encore plus intéressant. 

Comme dans toutes mes critiques, j'aime parler d'un sujet qui m'a interpellé dans un livre et non débattre sur l'histoire du livre en général. A Discovery of witches m'a plongé dans un univers historique aux possibilités infinies. Le personnage de Matthew m'a beaucoup plu considérant son héritage culturel et historique. En ce qui concerne Diana, j'ai beaucoup apprécié sa personnalité et son indépendance. Ils forment tous les deux un couple hors du temps et assez grandiose, digne des histoires de l'amour courtois. Ainsi, je cite mon passage préféré des Lais de Marie de France, tiré du lais qu'on appelle Le Chèvrefeuille (Chevrefoil). Ce lais conte l'histoire de Tristan et Iseult, les amants héroïques des temps passés. 

"Il en était d'eux comme du chèvrefeuille        
qui s'enroulait autour du coudrier;
une fois qu'il s'y était enlacé
et qu'il s'est attaché au tronc, 
ils peuvent longtemps vivre ensemble. 
Mais ensuite, si on cherche à les séparer, 
le coudrier meurt aussitôt
et le chèvrefeuille de même."

Le Chèvrefeuille - Marie de France, Lais 
(Cet extrait a été traduit de la langue l'oïl afin de faciliter la compréhension du texte)

A Discovery of Witches est le premier tome de la trilogie All Souls. J'ai déjà acheté le deuxième volume, Shadow of Night et je prévois de le lire très bientôt ! 

Merci encore pour votre attention ! Pour clôturer cet article, je vous conseille aussi un film très sympathique à regarder pour l'Halloween et qui n'est pas un film d'horreur (eh oui !!!) 


Bon Halloween à tous ! LaCaroline Di Franciosi 


vendredi 23 octobre 2015

"The Rosie Project" - Romance ou hilarité ?

"'You considered me as a partner ?' 'Sure', she said. 'Except for the fact that you have no idea of social behaviour, your life's ruled by a whiteboard and you're incapable of feeling love - you're perfect.'" - The Rosie Project, Graeme Simsion. 

Don Tillman est scientifique à l'esprit brillant. Cependant, ses aptitudes sociales sont proches de zéro. Atteint légèrement du syndrome d'Asperger, une forme d'autisme, Don est un homme dont la vie est planifiée et chronométrée à la seconde. Incapable d'avoir un second rendez-vous avec ses conquêtes en raison de ses faux-pas en société, Don décide qu'il est temps de prendre les choses en main et commence à mettre en place le "Projet Épouse" (The Wife Project). Il crée des questionnaires et décide de les distribuer à qui il peut, de manière à trouver la femme idéale qui sera parfaitement compatible avec sa personnalité. Au même moment, il rencontre Rosie, étudiante au doctorat en psychologie, qui est à la recherche de son père biologique. Elle cherche de l'aide auprès de Don, qui est généticien et très rapidement, le "Wife Project" est mis de côté au profit du "Father Project". Malgré ses efforts scientifiques pour trouver la femme idéale, Don va réaliser que l'amour n'a rien à voir avec des questionnaires et des calculs !

Vous allez peut-être penser, oh non, encore un roman romantique pour des femmes désespérées et frustrées de la vie. Un homme parfait à la recherche de la femme idéale, qui tombe amoureux de la personne à laquelle il s'attendait le moins. Pourtant, ce n'est pas du tout ce que j'ai retenu de ce roman. Tout d'abord, ce livre est hilarant. Don se retrouve dans des situations totalement rocambolesques. Son inaptitude à agir correctement en société, le met dans des situations cocasses, dignes du théâtre de Marivaux. Don voit le monde différemment, dans la mesure où tout ce qui lui semble normal, est une faute sociale. Cette vision du monde, qui diffère de la notre, nous permet de nous questionner sur la société, les normes sociales en général, et surtout les difficultés de ceux qui sont incapables d'adhérer à ces règles et en souffrent.

"A woman at the rear of the room raised her hand. I was focused on the argument now, and made a minor social error, which I quickly corrected. 'The fat woman - overweight woman - at the back ?'" - The Rosie Project, Graeme Simsion.

En effet, le syndrome d'asperger est une forme d'autisme qui m'intéresse et me fascine beaucoup.
Selon la fédération de l'autisme du Québec, ses caractéristiques sont les suivantes:
- Difficultés à comprendre les situations sociales et les attentes de l'entourage 
- Émergence normale de la parole avec difficulté de la communication 
- Intérêts souvent obsessionnels 
- Intelligence normale ou supérieure 


J'en ai entendu parlé pour la première fois, lors du visionnement d'un film qui m'a marqué à plusieurs niveaux. My Name is Khan, est un film indien qui raconte l'histoire d'un musulman ayant le syndrome d'asperger. C'est un homme très tolérant et qui a reçu une très bonne éducation. Il déménage aux États-Unis avec son frère lorsque sa mère décède. Là-bas, il épouse une indienne qui pratique l'hindouisme. Après le 11 septembre, sa famille va souffrir des stigmatisations sur les musulmans. Ainsi, ce film m'a appris beaucoup sur l'asperger mais aussi sur l'islam et les stigmatisations qui résultent de sa mauvaise interprétation. Je vous conseille fortement ce film.


Le personnage de Don m'a beaucoup touché dans son humanité et son imperfection. À vouloir être parfait et organiser sa vie comme une horloge, Don fait beaucoup d'erreurs, de faux pas, qui mènent souvent à l'hilarité. Rosie est adorable, c'est une femme de caractère, un peu déjantée et qui complète parfaitement les lubies de Don. Ils forment un couple difficile à oublier, un peu fous, un peu bizarres. On aime les couples déjantés, différents et adorables. Parce que dans la réalité, on l'est tous un peu.

Sony est en train de préparer l'adaptation de The Rosie Project au cinéma. Malheureusement, l'actrice prévue pour Rosie, Jennifer Lawrence a quitté le projet. Dommage, elle aurait fait une excellente Rosie selon moi ! Graeme Simsion a aussi écrit une suite à son roman, The Rosie Effect ! Je ne l'ai pas encore lu mais j'ai acheté le livre et il est sur ma liste. Je vous en donne des nouvelles !

La semaine prochaine, c'est l'Halloween, et je vous ai préparé une petite surprise !

LaCarolina Di Franciosi


jeudi 15 octobre 2015

Ready Player One - Une dystopie épique !

"For, after all, how do we know that two and two make four ? Or that the force of gravity works ? Or that the past in unchangeable ? If both the past and the external world exist only in the mind, and if the mind itself is controllable - what then ?" 1984, George Orwell

J'ai entendu le mot dystopie pour la première fois dans un cours de littérature. À l'époque, on utilisait sûrement le terme contre-utopie, ce qui me faisait toujours penser au livre Utopia de Thomas More. J'ai donc découvert les mondes dystopiques avec George Orwell et son chef d'oeuvre, 1984. Ce livre a complètement modelé mes goûts en littérature et depuis ce temps-là, je suis littéralement obsédée par les romans dystopiques. 1984 a complètement modifié ma perception des choses et m'a amené à réfléchir sur la notion de réalité versus l'imaginaire. 

Cet été, j'ai décidé de lire le célèbre roman de Ernest Cline, Ready Player One. Ce roman de science fiction dystopique m'a fait réfléchir sur le futur, sur la notion d'imagination et de réalité virtuelle. Je l'ai fini en moins de 2 jours et je peux vous dire que je ne regrette pas cet achat ! 

Un petit résumé de l'histoire:

En 2044, le monde est dans un état pitoyable. Pour échapper à la dure réalité, les gens se connectent à l'OASIS, une utopie virtuelle inventée par le génie James Halliday. Wade Watts est un adolescent fasciné par l'univers de Halliday et les indices que celui-ci a laissé derrière lui pour que quelqu'un trouve son oeuf, symbol de son héritage. Celui qui l'obtiendra se verra offrir la succession de l'OASIS et de la fortune de Halliday. Dans le monde de l'OASIS, les egg gunters, sont des chasseurs à la recherche d'indices menant à l'oeuf depuis des années, sans succès. Ainsi, lorsque Wade découvre le premier indice, il devient l'objet d'intérêt du monde entier. À la fois jalousé, admiré, envié et menacé de mort, Wade devra faire face à la réalité qu'il déteste tant s'il veut parvenir au bout de sa quête.

Nous vivons dans une époque où la réalité virtuelle est à nos portes et où le monde se pose des questions sur le futur de l'humanité et de la planète. Dans ce monde où tout va trop vite, où l'environnement se détériore, on se demande parfois si ces mondes littéraires dystopiques ne sont pas une représentation de notre futur. En 2016, la compagnie Oculus rachetée par Facebook va sortir son Oculus Rift, un casque qui permet de regarder des vidéos ou de jouer à des jeux vidéos en réalité virtuelle. Les problèmes liés au réchauffement climatique, au manque d'eau potable et à la détérioration de la faune et de la flore se font sentir dans l'ensemble de la planète. Dans son roman, Ernest Cline aborde ces questions tout en nous offrant un divertissement extraordinaire. Geek dans l'âme, obsédé par les jeux vidéos, il nous transporte l'univers de la réalité virtuelle, une technologie qui se développe très rapidement ces derniers temps et qui me fascine. Les possibilités de la réalité virtuelle sont infinies et elles sont majoritairement décrites dans Ready Player One. Heureusement pour nous, le futur ne présage pas seulement des catastrophes et la conclusion d'Ernest Cline est remarquablement idéaliste. Rien à voir avec celle de George Orwell qui me glace le sang encore aujourd'hui:

"He gazed up at the enormous face. Forty years it had taken him to learn what kind of smile was hidden beneath the dark moustache. O cruel, needless misunderstanding! O stubborn, self-willed exile from the loving breast! Two gin-scented tears trickled down the sides of his nose. But it was all right, everything was all right, the struggle was finished. He had won the victory over himself. He loved Big Brother." 1984, George Orwell.

Ready Player One est actuellement en train d'être adapté au cinéma par Steven Spielberg et la sortie est prévue pour 2017. Stay Tuned !

Trailer de Sword Art Online, un anime dont le thème est similaire à Ready Player One 


LaCarolina Di Franciosi

mercredi 7 octobre 2015

"I am those 66 million girls who are deprived of education" - I am Malala

"One child, one teacher, one book and one pen can change the world. Education is the only solution. Education first" 

Étant une grande habituée de fiction, il ne m'arrive pas souvent de lire des biographies, autobiographies ou encore des romans historiques. Puis, cet été, ma soeur m'a convaincu de lire l'autobiographie de Malala Yousafzai, I am Malala. Étant déjà une grande fan de Malala, de ses idées et de son état d'esprit, elle n'a pas eu à me convaincre bien longtemps. Si vous ne le savez pas encore, Malala Yousafzai est une jeune pakistanaise qui se bat pour l'éducation des jeunes filles dans les pays en développement ou ceux qui n'offrent pas ce droit aux filles. Blessée à la tête par les talibans à l'âge de 16 ans pour avoir défié leur autorité et défendu son droit à l'éducation, Malala a reçu le prix Nobel de la paix en 2014, alors qu'elle n'avait que 17 ans. Aujourd'hui Malala a sa propre fondation, Malala Fund et se bat pour le droit à l'éducation.

J'ai commencé ce livre en pensant que j'allais en apprendre plus sur cette jeune fille extraordinaire. Je ne m'attendais pas à découvrir tout un pan de l'histoire du Pakistan, des Pashtuns (l'ethnie de Malala) et surtout la montée au pouvoir des talibans et les intrigues politiques du pays.

Je me suis toujours beaucoup intéressée à l'Inde, un pays qui me fascine énormément par sa culture, ses traditions et ses étrangetés. Je me suis beaucoup familiarisée avec la culture de ce pays, mais il y a toujours des choses à apprendre ! Le pays est immense et les cultures diverses et variées. Cependant, je ne m'étais jamais vraiment intéressée au Pakistan, un pays que je connais très peu. À travers son histoire, Malala m'a fait découvrir son pays et les facettes dont on parle peu dans la presse. Quand on y pense, la presse ne décrit pas le Pakistan de façon très positive. Dans les films hollywoodiens ou les séries américaines, le Pakistan est souvent synonyme de terrorisme et d'extrémisme musulman. On retrouve souvent des insultes racistes qui font souvent le lien entre terrorisme et Pakistan, comme "bloody paki". Malala a complètement changé la vision que j'avais du Pakistan et des pakistanais en général. 

Depuis que j'ai fini I am Malala, j'ai pris la décision de lire plus de romans autobiographiques. Ainsi, je veux en apprendre davantage sur des personnalités inspirantes, mais aussi sur leur culture et leur société. J'en suis déjà à mon deuxième livre autobiographique, celui de Hyeonseo Lee, une nord-coréenne qui s'est échappée de son pays et a vécu des choses extraordinaires. Son livre mérite un autre article donc je ne vous en dis pas plus ! 

La prochaine fois, je vous invite à découvrir un roman de science-fiction dystopique (une contre-utopie), que les fans de jeux vidéos vont adorer ! À suivre... 

PS: Le documentaire He named me Malala sort au cinéma ce vendredi ! À ne pas manquer ! 



mercredi 30 septembre 2015

Introduction avec Duras



"Très vite dans ma vie il a été trop tard. À dix-huit ans il était déjà trop tard. Entre dix-huit et vingt-cinq ans mon visage est parti dans une direction imprévue. À dix-huit ans j'ai vieilli. Je ne sais pas si c'est tout le monde, je n'ai jamais demandé. [...] J'ai un visage détruit."


Bibliothèque de mes rêves, vu sur Pinterest
Cet incipit de l'Amant de Marguerite Duras me bouleverse encore aujourd'hui. Je me souviens des émotions que j'ai ressenti en lisant ces premières lignes. Je me souviens de ce sentiment d'anticipation et de nostalgie qui m'a envahi lorsque j'ai lu cette première page. L'excitation que l'on ressent lorsqu'on commence un livre et la tristesse qui nous frappe lorsqu'il se termine. Ces émotions sont inoubliables. 

Les livres ne sont pas des objets mais des souvenirs que je personnifie. Ils trônent fièrement sur les étagères de ma bibliothèque, tels des idoles que l'on contemple avec adoration. Lorsque mes amis me rendent visite, je suis fière de leur montrer ma collection, mes amis, mes compagnons. En juillet, lorsque j'ai emménagé dans un appartement plus grand, j'ai tout de suite planifié la création d'un coin bibliothèque. Des étagères, une petite table, un gros fauteuil, des décorations, des bougies et surtout beaucoup, beaucoup de livres ! Lorsque je pense "shopping", je pense à "livre" et je peux passer des nuits blanches à terminer le livre du moment qui me passionne.

Pour comprendre notre histoire d'amour, il est nécessaire de remonter loin. Ma maman dévoreuse de livres, Matilda de Roald Dahl, ou encore Belle de chez Walt Disney qui s'extasie devant une bibliothèque, m'ont encouragé à commencer à lire très tôt dans ma jeunesse. Puis les études littéraires, le moment où j'ai commencé à lire des livres en anglais aussi bien qu'en français, les bibliothèques gratuites, Montréal. Tous ces éléments ont contribué au développement de ma passion.


À travers ces billets, je partage avec vous mes coups de coeur, mes déceptions, mes classiques. J'attends avec impatience vos recommendations et vos commentaires ! Prochain billet: le livre qui m'a marqué cet été ! Restez connecté ^^

PS: Bonus ! Un morceau de classique pour vous accompagner dans vos lectures et vos réflexions. Tchaikovsky, le romantisme dans toute sa magnificence.